dimanche 5 octobre 2008

Le tai chi n'est pas un sport de mollasson


Après un cours de tai chi normalement, on a mal aux jambes, on a eu chaud, bref, on a mouillé sa chemise. Car le tai chi est un art martial interne, donc un art du combat où l'on fléchit les jambes et où l'on bouge les pieds, et où l'esprit se réveille. Rien à voir avec la vision de gens endormis, raides comme des piquets et bougeant leurs bras au ralenti comme des zombis - comme on peut en voir dans les jardins publics. C'est pourquoi bien souvent les gens ont un sourire en coin dès qu'on leur parle de tai chi. "Ah oui cette gymnastique très lente !" et éclatent de rire quand on leur explique en plus que c'est un sport de combat ...
En France, les professeurs suffisamment avancés pour enseigner le tai chi comme un véritable art martial interne sont rares. La plupart se contentent d'apprendre un "enchainement" de mouvements. Cet enchainement n'est en fait qu'une chorégraphie qui peut impressionner les néophytes mais est totalement vide si l'on n'y intègre pas les principes plus subtils du tai chi chuan. Connaitre une forme n'est pas un but en soi. Le seul intérêt de la forme est de pouvoir travailler les principes en groupe et de les pratiquer en solitaire.

L'aberration en France, vient de ce que l'on fait commencer les débutants par la longue forme, le plus long enchainement en trois parties du style Yang (le plus répandu en France par rapport au style Chen). Ils passent un an à mémoriser la 1ère partie, une 2de année la 2de partie et une 3ème année la 3ème partie. Et puis, après ils cherchent un autre professeur ou attaquent le sabre.

Il est plus judicieux de démarrer par une forme courte en 24 mouvements par exemple, plus rapide à mémoriser et travailler les principes. Avec plus d'expérience la forme longue en 3 parties se mémorise en une année si l'on ne pratique pas par ailleurs ou même en un stage de deux jours. Le choix de l'enseignant est donc capital.

Quand j'ai débuté j'ai mis des mois à conduire mon énergie jusqu'aux bouts de mes doigts par l'attention et l'intention, des années à lâcher les épaules, les coudes, le bassin ; des années encore à concevoir que l'intention conduit l'énergie, et tout ce que j'ai encore apprendre ne suffira pas même avec une longue vie et une bonne santé... la maîtrise du tai chi chuan accompagne chaque instant de la vie. Il ne doit rien y avoir de sectaire, pas de gourou ni ici ni ailleurs. Art du mouvement, art de la liberté, art taoiste qui rend le goût de la vie plus intense.

4 commentaires:

Shahla a dit…

Ah! it would have been good to go to one of the Tai-chi classes with you, Marise : ) Maybe next time.

Marise Sargis a dit…

Yes Shala ! The next time I hope so too. Thanks for your visit. tao by by...

José a dit…

C'est tout à fait ça!!
Ca fait plaisir de trouver des personnes qui ont la même vision que moi du taichi.
Pour moi le taichi doit être personnel, on doit pouvoir se l'approprier après avoir integré les bases fondamentales. Ensuite, la pratique fait le reste. J'évite de me cantoner à un seul professeur pour pouvoir avoir ma propre recherche. Pour réussir une sauce, il faut savoir lier plusieurs ingrédients, un seul ne suffit pas.

shamguerr a dit…

Tout à fait d'accord avec ce qui est dit à propos de la pratique et de l'enseignement du tai chi, et depuis plus de 20 ans j'en parle ainsi à mes pratiquants.

Suite à mon travail et à ma recherche sur les arts martiaux et autres disciplines de combat, en ce compris les styles yang et chen pour le tai chi, et le tai chi moderne, je privilégie tout particulièrement (mais non exclusi- vement)le recours à l'intention, et à la visualisation pour appeler et "sortir" l'énergie interne.

Je conviens bien sûr que ce type de travail ne fait pas qu'alimen- ter les applications combattives (non strictement indispensables, bien que intéressantes et utiles) mais, avant celà déjà, donne toute sa valeur et son développement au tai chi. Paul/bruxelles